Créer le site de son entreprise : les étapes, de l'objectif à la mise en ligne

Un plombier qui veut des demandes de devis, une boutique qui veut vendre en ligne, un cabinet de conseil qui veut rassurer ses prospects : trois entreprises, trois sites très différents. La plupart des projets qui s’enlisent ont la même origine, on a choisi l’outil ou le graphisme avant de savoir à quoi le site devait servir. Voici l’ordre qui évite les retours en arrière.
1. Fixer un objectif, un seul de préférence
Avant toute chose, écrivez en une phrase ce que le site doit produire. Quelques exemples :
- recevoir des demandes de devis ou de rendez-vous ;
- vendre des produits ou des prestations en ligne ;
- être trouvé par les clients du secteur et donner les horaires ;
- présenter des références à des donneurs d’ordre ;
- recruter.
Cet objectif guide toutes les décisions suivantes : nombre de pages, formulaire ou non, paiement en ligne ou non, effort de référencement. Il permet aussi de juger, quelques mois après la mise en ligne, si le site remplit son rôle. Si vous hésitez entre présenter votre activité et vendre directement, l’article site vitrine ou boutique en ligne aide à trancher.
2. Lister les pages et rassembler les contenus
Un site de TPE tient souvent en une dizaine de pages. Une arborescence de départ peut ressembler à ceci :
| Page | Rôle |
|---|---|
| Accueil | Dire en quelques secondes ce que fait l’entreprise, pour qui et où |
| Prestations ou produits | Une page par grande activité, plutôt qu’une page fourre-tout |
| Réalisations ou références | Montrer le travail, avec l’accord des clients concernés |
| À propos | L’équipe, l’histoire, les qualifications |
| Contact | Coordonnées, formulaire, zone d’intervention, horaires |
| Mentions légales, confidentialité | Obligatoires, voir plus bas |
Le contenu est presque toujours ce qui retarde la mise en ligne. Rédigez les textes, triez les photos (les vôtres ou des images dont vous avez les droits), réunissez logos et documents avant de démarrer la construction. Un texte écrit pour vos clients, avec leurs mots, vaut mieux qu’un texte générique.
3. Choisir la façon de construire
Trois grandes voies coexistent, chacune avec ses compromis :
- Un constructeur de sites en ligne : on assemble des blocs dans une interface, l’hébergement est inclus. Rapide à prendre en main, mais on dépend de la plateforme et il est parfois difficile d’en partir avec son site.
- Un CMS open source installé chez un hébergeur : grande souplesse, nombreuses extensions, mais des mises à jour régulières à assurer pour la sécurité.
- Un site développé par un prestataire : adapté à des besoins particuliers, à condition de bien cadrer la demande. Un court cahier des charges et quelques questions précises posées au prestataire avant de signer évitent bien des malentendus.
Quelle que soit la voie, posez trois questions : qui pourra modifier les textes au quotidien ? Qui fera les mises à jour techniques ? Pourra-t-on récupérer le site et ses contenus si l’on change d’outil ou de prestataire ?
4. Réserver le nom de domaine et préparer l’hébergement
Le nom de domaine est l’adresse du site et des e-mails de l’entreprise. Réservez-le au nom de l’entreprise, avec un compte dont vous gardez les accès, et activez le renouvellement automatique. L’hébergement, lui, dépend de la voie choisie à l’étape précédente. Les bases sont détaillées dans notre article sur le nom de domaine, l’hébergement et l’adresse e-mail pro.
5. Construire en pensant mobile et lisibilité
Une large part des visites se fait désormais sur téléphone. Vérifiez chaque page sur un petit écran : textes lisibles sans zoomer, boutons faciles à toucher, numéro de téléphone cliquable. Quelques réflexes simples rendent aussi le site plus accessible à tous : contrastes suffisants, titres hiérarchisés, textes alternatifs sur les images utiles, formulaires avec des libellés clairs. Le référentiel public, le RGAA, détaille ces points en 106 critères ; pour savoir où en est un site existant, un audit d’accessibilité RGAA mesure chaque critère page par page et classe les corrections par priorité.
Côté référencement, chaque page doit avoir un titre précis et un contenu qui répond à une vraie question. Une page consacrée à votre métier dans votre ville, qui décrit réellement vos interventions sera plus utile qu’un catalogue de mots-clés.
6. Cocher les obligations légales
Un site d’entreprise doit afficher des mentions légales (identité de l’éditeur, hébergeur, directeur de la publication…), exigées par la loi pour la confiance dans l’économie numérique de 2004. S’il collecte des données personnelles, par exemple via un formulaire de contact, il doit informer les personnes de l’usage qui en est fait. S’il dépose des cookies non essentiels, il doit recueillir le consentement au préalable. Un site marchand ajoute ses conditions générales de vente et les informations dues au consommateur.
Pour le détail : les mentions légales d’un site d’entreprise et les règles sur les cookies et le bandeau de consentement.
7. Tester, puis mettre en ligne
Avant d’ouvrir le site au public, faites une dernière tournée :
- chaque formulaire envoie bien un message, et ce message arrive dans une boîte consultée ;
- les liens fonctionnent, aucune page « en construction » ne traîne ;
- les coordonnées sont identiques partout (site, fiche d’établissement, factures) ;
- le site s’affiche correctement sur téléphone, tablette et ordinateur ;
- une sauvegarde existe et vous savez qui la restaure.
Après la mise en ligne, déclarez le site dans les outils pour webmasters des moteurs de recherche et mettez son adresse partout : signature d’e-mail, devis, véhicules, cartes de visite.
Et après ?
Un site n’est jamais fini. Prévoyez un moment, chaque trimestre par exemple, pour relire les pages, ajouter des réalisations, vérifier les formulaires et appliquer les mises à jour. Le site qui marche est rarement le plus spectaculaire : c’est celui qui répond vite à la question du visiteur et qui reste à jour.
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