Nom de domaine, hébergement, adresse e-mail pro : les bases

Le jour où le site d’une entreprise disparaît parce que le nom de domaine n’a pas été renouvelé, ce sont aussi les e-mails qui cessent d’arriver. Nom de domaine, hébergement et messagerie sont trois briques distinctes, souvent achetées ensemble, et c’est justement ce qui entretient la confusion. Comprendre qui fait quoi permet de garder la main sur des outils essentiels.
Trois briques, trois rôles
| Brique | Rôle | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Nom de domaine | L’adresse du site et des e-mails (votre-entreprise.fr) | Il se loue pour une durée renouvelable auprès d’un bureau d’enregistrement |
| Hébergement | Les serveurs qui stockent et diffusent le site | Il peut être chez un autre prestataire que le nom de domaine |
| Messagerie | Les boîtes qui envoient et reçoivent les e-mails | Elle utilise le nom de domaine, mais peut être fournie par un troisième prestataire |
Le lien entre les trois passe par la zone DNS du nom de domaine : un ensemble de réglages qui indiquent où se trouve le site et quel service reçoit les e-mails. Qui gère cette zone a, en pratique, le contrôle sur le site et la messagerie.
Le nom de domaine
Le choisir
Un bon nom de domaine est court, facile à dicter au téléphone et sans ambiguïté d’orthographe. Le plus souvent, c’est le nom de l’entreprise ou de l’enseigne. Quelques points d’attention :
- évitez les tirets multiples et les jeux de mots difficiles à épeler ;
- vérifiez que le nom ne reprend pas une marque ou une dénomination déjà utilisée par un tiers, ce qui pourrait donner lieu à un litige ;
- réservez si possible les variantes utiles (orthographe courante, autre extension) et faites-les pointer vers le site principal.
L’extension
L’extension .fr est gérée par l’Afnic, l’association chargée de la gestion du domaine national. Elle est ouverte aux personnes et aux entreprises établies dans l’Union européenne et dans quelques pays voisins, et rattache clairement l’entreprise à la France. Le .com reste répandu pour une activité tournée vers l’international. Le site afnic.fr explique les règles d’attribution du .fr et la procédure de résolution des litiges.
Le protéger
C’est la règle la plus importante : le nom de domaine doit être enregistré au nom de l’entreprise, pas à celui d’un salarié, d’un proche ou du prestataire qui a créé le site. En pratique :
- conservez vous-même les identifiants du compte chez le bureau d’enregistrement, avec une adresse e-mail de contact que vous consultez réellement ;
- activez le renouvellement automatique et vérifiez la date d’expiration une fois par an ;
- activez la double authentification sur ce compte ;
- méfiez-vous des courriers ou e-mails qui proposent un « renouvellement » ou une « protection » de votre nom : ils viennent parfois d’un tiers sans lien avec votre prestataire.
L’hébergement
L’hébergeur fait fonctionner le site en continu. Son nom, son adresse et son téléphone doivent d’ailleurs figurer dans les mentions légales du site.
Les questions à poser avant de choisir une offre :
- Où sont les serveurs et les sauvegardes ? La localisation compte, notamment pour les données personnelles.
- Les sauvegardes sont-elles automatiques, à quelle fréquence, et comment restaure-t-on ? Une sauvegarde qu’on ne sait pas restaurer ne protège pas. Gardez de préférence une copie indépendante, dans l’esprit de la règle 3-2-1.
- Le certificat de sécurité (HTTPS) est-il fourni et renouvelé automatiquement ? Un site sans HTTPS est signalé comme non sécurisé par les navigateurs.
- Qui fait les mises à jour du serveur, du CMS et des extensions ?
- Peut-on partir facilement, en récupérant les fichiers et la base de données ?
L’adresse e-mail professionnelle
Une adresse au nom de l’entreprise (contact@votre-entreprise.fr) inspire davantage confiance qu’une adresse de messagerie gratuite grand public, et elle reste à l’entreprise lorsque les personnes changent.
Organiser les adresses
- une adresse générique pour le public (contact@, devis@, commandes@), consultée par plusieurs personnes ;
- une adresse nominative par collaborateur ;
- une adresse d’administration, réservée aux comptes techniques (nom de domaine, hébergeur, fiche d’établissement), protégée avec le plus grand soin.
Quand un salarié quitte l’entreprise, ne supprimez pas tout de suite sa boîte : redirigez-la ou mettez en place un message d’absence qui oriente vers un autre contact.
Faire en sorte que les e-mails arrivent
Pour que les messages envoyés par l’entreprise ne finissent pas en indésirables, et pour compliquer l’usurpation de votre nom de domaine, trois réglages DNS sont aujourd’hui attendus par les grandes messageries :
- SPF, qui liste les serveurs autorisés à envoyer des e-mails pour le domaine ;
- DKIM, qui signe les messages pour prouver qu’ils n’ont pas été modifiés ;
- DMARC, qui indique aux destinataires quoi faire d’un message qui échoue à ces contrôles.
Demandez à votre fournisseur de messagerie de les configurer ou de vous indiquer les valeurs à saisir. Ces protections réduisent le risque qu’un fraudeur envoie des e-mails à vos clients en se faisant passer pour vous, un scénario décrit dans notre article sur l’hameçonnage, la fraude au président et le faux RIB.
La fiche à tenir à jour
Rassemblez dans un document conservé en lieu sûr : le bureau d’enregistrement et la date d’expiration du nom de domaine, l’hébergeur et le type d’offre, le fournisseur de messagerie, l’emplacement des sauvegardes, et la personne qui détient chaque accès. Les mots de passe eux-mêmes ont leur place dans un gestionnaire de mots de passe, pas dans ce document. Ce simple inventaire évite bien des blocages le jour où un prestataire disparaît ou où un collaborateur s’en va.
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